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GuptaLeaks

« GuptaLeaks » : les preuves accablantes du « pillage économique » de l’Afrique du Sud

Près de 200 000 courriels et documents démontrent la « capture de l’Etat » par la richissime famille indienne proche du président Zuma.

Une fois encore, la planète Zuma tremble, mais n’implose pas. L’indéboulonnable président, abhorré par l’opposition et contesté jusque dans son parti, est au centre de nouvelles révélations qui, à l’échelle de l’Afrique du Sud, sont aussi explosives que les « Panama Papers ». Les « GuptaLeaks » – près de 200 000 courriels et documents que des lanceurs d’alerte ont confiés à des journalistes d’investigation – offrent un océan de preuves accablantes.

Feuilletonnés quotidiennement depuis début juin, ils démontrent la mainmise de la richissime famille indienne Gupta sur le sommet de l’Etat sud-africain. De quoi alimenter la saga qui ébranle le Congrès national africain (ANC) depuis de longs mois, sans parvenir, pour l’instant, à en déloger son personnage principal, Jacob Zuma.

« La capture de l’Etat est odieuse », a tranché, le 14 juin au Parlement, Cyril Ramaphosa, vice-président et candidat à la succession de Zuma. Quelques jours plus tôt, Mathews Phosa, l’ex-trésorier de l’ANC, s’était montré plus virulent encore :« Après l’apartheid, le scandale Zuma-Gupta est le pire crime jamais commis contre le peuple sud-africain. Nous assistons à un pillage économique en règle. »

Les courriels décrivent un vaste système de corruption impliquant l’entourage du président, des ministres et des vice-ministres. L’influence des Gupta leur permet de contrôler des entreprises publiques pour rafler des contrats et de bénéficier de faveurs. Le plus souvent, ils monnaient leur influence en manipulant les enfants de responsables politiques. L’intermédiaire en chef n’est autre que le fils Zuma, Duduzane, dont ils subventionnent la vie dorée.

Manifestation contre Jacob Zuma à Johannesburg, le 7 avril 2017.

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